Publié le mardi 03 avril 2012 à 16H46
Le ministère de la Culture a attribué cette semaine le label « Maisons des Illustres » à 60 sites qui « conservent et transmettent la mémoire des hommes qui les ont habitées ».

Il existe de nombreux travaux préparatoires mais seulement cinq tableaux des « Joueurs de cartes »,qui font aujourd’hui partie des collections des plus prestigieux musées du monde. Paul Cézanne a peint ces paysans dans la bastide aixoise du Jas-de-Bouffan entre 1892 et 1895.
Photo DR
De 1930 à sa mort en octobre 1970, Jean Giono a vécu au Parais, à Manosque, où il a créé la plus grande partie de son oeuvre. Au pied du Mont d’Or, surplombant la ville, la maison à l’écart de la rue n’a guère changé.
« Le Paraïs, c’est pour moi la maison d ‘un rêveur » confie sa fille qui a souhaité volontairement la laisser « dans son jus » afin que les visiteurs puissent découvrir les voyages immobiles réalisés par Jean Giono pendant son travail d’écriture. Car le bureau de l’écrivain n’était qu’un des lieux de travail de Jean Giono : « Je suis la seule à savoir comment mon père a navigué dans cette maison. Il a écrit telle oeuvre dans telle pièce puis il changeait » explique Sylvie Giono-Durbet. Pour autant, il ne s’agit pas d’un musée, l’association des Amis de Jean Giono l’occupant et y organisant des animations.
Située dans le quartier « Lou Paraïs », la maison est ouverte gratuitement à la visite – sur rendez-vous exclusivement - tous les vendredis après-midi (sauf exception).
Association des Amis de Jean Giono les mardis et vendredis après-midi. Renseignements au 04 92 87 73 03. www.centrejeangiono.com
Paul Cézanne avait tracé lui-même les plans de cette petite maison bâtie sur la colline des Lauves. De 1902 à son décès en 1906, c’est de là que celui qui se définissait comme le primitif d’un Art Nouveau partait croquer les paysages aixois. Et c’est aussi là qu’il piochait des modèles dans un bric-à-brac de pots, fruits, statuette en plâtre et crânes humains, pour peindre les natures mortes qui figurent dans les plus grands musées du monde. Tous ces objets sont encore là. En 1921, Marcel Provence les a sauvés en rachetant l’atelier au fils de Cézanne. Grâce à des fonds récoltés aux USA, il a ensuite été donné à l’Université d’Aix-Marseille qui l’a cédé à la Ville d’Aix en 1969. Abritant des résidences et des expos d’artistes contemporains, le lieu reçoit 70 000 visiteurs par an dont 25% de Japonais, grands fans du maître aixois. En l’occurrence, la société Nikkeï vient de verser 100 000 des 140 000 euros de dons privés qui permettront une extension de 150 m² pour déplacer boutique et billetterie. Mais la signature la plus sexy du livre d’or de l’atelier est américaine. En 1955, une certaine Marilyn Monroe y écrivait : « a wonderful visit« .
Preuve aussi de la notoriété du site désormais labellisée : l’atelier a été reconstitué (avec 23 objets prêtés)… à Tokyo, pour la grande expo Cézanne qui s’y déroule actuellement.
Atelier Cézanne. 9, avenue Paul Cézanne 13090 Aix-en-Provence 04 42 21 06 53 et www.atelier-cezanne.com Ouvert de 10 à 12 et de 14 à 18h. Visite en anglais à 17h. Du 1er juillet au 31 août, ouvert non-stop de 10 à 18h. Réservation conseillée au 04 42 161 161.
À Salon, la maison où Nostradamus a passé les vingt dernières années de sa vie, où il a écrit tous ses livres dont les fameuses « Centuries », a été transformée en musée, il y a vingt ans tout juste. Une visite audio-guidée de 45 minutes permet de découvrir à travers différentes scènes et statues de cire les multiples facettes de Michel de Nostredame, médecin, astrologue, philosophe, poète…
Plus de 17 000 visiteurs se pressent, tous les ans, de tous les coins du globe pour visiter les lieux. On vient d’Europe mais aussi de Chine, de Russie, d’Inde, du Japon… La maison a su s’adapter à cette diversité : au-delà de l’audioguide disponible en cinq langues, des traductions papiers sont éditées en 18 langues. Beaucoup de visiteurs sont attirés par le côté esotérique du personnage mais le travail de musée est de replacer l’homme dans son contexte historique, scientifique et culturel… Des expositions temporaires mettent régulièrement en avant l’exceptionnel fonds de documents originaux du XVIe que siècle possède la maison.
Marcher sur les pas de Nostradamus à Salon, c’est aussi faire un détour par la cour Nord du château de l’Empéri où est cultivé un jardin des simples. On y retrouve les plantes médicinales qu’utilisait Nostradamus pour réaliser ses fardements et ses confitures…
Maison Nostradamus, rue Nostradamus. Ouvert du lundi au vendredi de 9 à 12 h et de 14 à 18 heures, le samedi et le dimanche de 14 heures à 18 heures. Entrée: 4,7€; 3€ (réduit), gratuit pour les moins de 25 ans. Renseignements et réservations au 04 90 56 64 31.
En bordure de la route de Nice à moins de 2 km du centre- ville de Digne, des bannières tibétaines flottant au vent signalent l’entrée de la fondation Alexandra-David-Néel. Une vaste demeure du XIXe, acquise en 1928, où l’exploratrice, morte en ce lieu en août 1969 à l’âge de 101 ans, avait choisi de se retirer définitivement en 1946. Les paysages des Préalpes de Digne lui rappelaient son Tibet adoré.
La grande et belle villa ombragée est devenue depuis longtemps un musée et l’un des lieux les plus visités dans les Alpes-de-Haute-Provence. Qu’il connaisse ou non la vie aventureuse, autant que tumultueuse, d’Alexandra David-Néel, le visiteur prendra plaisir à découvrir l’atmosphère si particulière de cette maison où chaque pièce est imprégnée de l’esprit de l’exploratrice et où chaque objet personnel est un témoignage de son long et infatigable périple sur le chemin de sagesse.
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’Alexandra David-Néel avait donné à cette demeure le nom de « Samten Dzong » , autrement dit »La forteresse de la médiation ». Surplombant la villa, le Centre tibétain édifié dans les années 80 accueille une salle d’art tibétain et une belle salle d’exposition de photographies.
Maison Alexandra-David-Néel 27, avenue Marechal-Juin, à Digne-les-Bains. Visite guidée ( limitée à 19 personnes) tous les jours à 10 heures, 14 heures et 15h 30. Entrée gratuite. Durée de la visite : 1 h45. Plus d’infos : 04 92 31 32 38. Courriel : neel@alexandra-david-neel.org, site : www. alexandra-david-neel.org.
Blottis sous la roche, sur la rive gauche de la Sorgue, Fontaine de Vaucluse abrite un lieu inédit, à la fois musée, bibliothèque et centre de recherche et de documentation. Il a été fondé en 1927. Pétrarque (Francesco Petrarca de son vrai nom d’érudit et poète italien, mort en 1374) n’a jamais vécu dans ces murs – l’édifice a été construit au XIXe siècle- mais tout indique qu’ils ont bien été édifiés à l’endroit même où se trouvait l’antique demeure où il séjourna longtemps.
Que reste-t-il ici de la présence de l’éternel amoureux de Laure ? À la fois des dessins et des estampes ainsi qu’un fonds d’éditions anciennes des oeuvres de Pétrarque et de pétrarquistes français et italiens, dont une édition des oeuvres latines imprimée en 1496. Mais il reste surtout l’esprit d’un lieu où sont passés après Pétrarque, ces autres géants de la poésie que furent Boccace, Chateaubriand, Frédéric Mistral et bien sûr, René Char.
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 à 12 et de 14 à 18h. Accès libre, sur réservations pour les groupes . Tarifs : 3,50€ et 1,50€ . Infos 04 90 20 37 20, et sur le site du musée Pétrarque.
M.G.



































