Archive for juillet, 2013

MUSIQUE – FESTIVAL INTERNATIONAL D’ART LYRIQUE AIX EN PROVENCE  » RIGOLLETTO & DON GIOVANNI

La Dispute

Emission La Disputedu lundi au vendredi de 21h à 22h

Musique : Spéciale Festival International d’Art Lyrique Aix en Provence Rigoletto & Don Giovanni 0

11.07.2013 – 21:00

Ce soir, l’actualité musicale est au cœur de la Dispute dans le cadre du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence. L’émission esrt exceptionnellement enregistrée à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence en présence des critiques suivants :

-         Marie-Aude Roux (Le Monde)

-         Anna Sigalévitch (France Culture)

-         Bernard Foccroulle (Directeur du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence)

La Dispute © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos des opéras suivants suivants :

-Rigoletto (1851) de Giuseppe Verdi, d’après un livret de Francesco Maria-Piave sous la direction musicale de Gianandrea Noseda, mise en scène de Robert Carsen. Création visible du 4 au 26 juillet.

Rigoletto © Festival international d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence

 

« Rigoletto » à Aix, c’est curieusement une première, et c’est même seulement le troisième opéra de Verdi donné dans ce festival, après la Traviata et Falstaff.

Mais revenons à la musique, et quelle différence immense, justement, musicalement, car si la production du Met ne manque pas de qualité musicales, à défaut de qualité de mise en scène, il faut dire tout d’abord que le premier ravissement de la production aixoise, c’est bien l’entente magique entre ce chef à peu près inconnu dans notre pays, Gianandrea Noseda, et le LSO, le London Symphony Orchestra.
J’avoue n’avoir jamais entendu Verdi joué à ce niveau, qui frôle la perfection, les violons, notamment, étant proprement miraculeux, mais il serait injuste de faire ressortir certains pupitres par rapport à d’autres, tant le plaisir est constant.

Commençons par là, en précisant toutefois que des travaux acoustiques ont été réalisés dans la fosse, nous expliquait l’autre soir Bernard Foccroulle, le directeur du Festival, qui passera nous voir tout  l’heure. On s’est en effet rendu compte, il était temps, que la fosse comprenait pour partie des matériaux absorbants, ce qui est une totale aberration. Ces matériaux ont été retirés, et remplacés par du bois, permettant à la musique produite dans le fosse de bénéficier d’un véritable écrin. Je ferme la parenthèse.

Concernant le plateau vocal, après un premier acte pas facile, Irina Lungu a fait merveille dans le rôle délicat de Gilda.
J’ai adoré le ténor mexicain, Arturo Chacon Cruz, un vrai ténor de bel canto dans le rôle du Duc, même si j’avais l’impression que son personnage ne jouait pas dans la même mise en scène que les autres, mais enfin…et on peut dire qu’il paie de sa personne.
Enfin, mention spéciale, pour moi, à Wojtek Smilek, qui reprenait le soir de la première le rôle du Comte Monterone, le chanteur prévu étant souffrant. Je l’ai trouvé très impressionnant, dans ce rôle court mais très important, dramaturgiquement…

Alors, justement, avant de venir plus précisément à la mise en scène de Robert Carsen, rappelons tout d’abord que le librettiste de Rigoletto, Francesco Maria Piave, avait habilement transposé la pièce de Victor Hugo adaptée, Le roi s’amuse, en remplaçant la chronique des mœurs dissolues dans la cour de François 1er, je parle du roi de France, pas du Pape, par l’histoire d’un duc et de son bouffon à la cour de Mantoue. Ca n’a pas empêché l’opéra d’être tout d’abord censuré dans l’empire austro-hongrois, mais de triompher à la Fenice de Venise à sa création en 1851.
Qu’allait donc en faire le metteur en scène canadien ?

Il faut dire que ça commence très bien, à mon sens, puisque, dévoilons les choses, à la fin de l’opéra, Rigoletto, pensant avoir eu sa revanche en faisant assassiner le Duc, celui-ci ayant violé sa fille, Gilda, il découvre que le corps que lui amène le tueur qu’il a engagé, Sparafucile, n’est autre que celui de Gilda.
Or, donc, au tout début de la représentation, on voit Rigoletto, dans une tenue de clown blanc, tirer un sac contenant un corps, l’ouvrir, et en sortir une poupée gonflable.
Le rideau s’ouvre alors, sur un décor de cirque un peu décati, puis un deuxième sac sera ouvert, contenant cette fois le corps d’une femme nue, une vraie.
Puis l’action débute véritablement.
Cette double vision par anticipation, je l’ai trouvé très intéressante, de même que ce décor de cirque, de même que la roulotte dans laquelle on découvre Gilda, fille de Rigoletto.

Arnaud Laporte

 

-Don Giovanni (1787) de Wolfgang Amadeus Mozart d’après un livret de Lorenzo Da Ponte sous la direction musicale de Marc Minkowski, mise en scène deDmitri Tcherniakov. Reprise visible du 4 au 26 juillet.

Don Giovanni © Festival international d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence

Nous poursuivons à présent cette Dispute du jeudi, consacrée à la musique, et ce soir au festival d’art lyrique d’Aix en Provence, pour parler à présent de « Don Giovanni », de Mozart et Da Ponte, l’autre affiche, cette année, de la cour de l’Archevêché.

C’est la reprise d’une mise en scène de Dmitri Tcherniakov, que nous avions pu voir ici en 2010. A l’époque, Louis Langrée dirigeait cette production, avec le FREIBURGER BAROCKORCHESTER
Sa captation vient d’ailleurs de sortir en DVD chez Bel Air.
Cette année, c’est Mark Minkowski qui dirige le LSO.

Cette année, Kristine Opolaïs est de retour en Donna Elvira, un rôle auquel elle apporte, outre sa voix, son abatage de comédienne,beaucoup de changement de distribution, avec Rod Gilfry en irresistible Don Giovanni, Maria Bengtsson en Donna Anna volcanique, une très belle mozartienne, puisqu’elle a précédemment chanté Fiordiligi dans Cosi au Covent Garden et  Lyon, et la Comtesse  dans les Noces, à Cologne.


Signalons aussi la très belle prestation de la jeune Joëlle Harvey en très émouvante Zerline, et big hup pour  l’immense Paul Groves qui m’a fait « découvrir « le rôle de Don Ottavio, que je n’avais jamais entendu chanter avec tant  de force et d’émotion. Ce fut pour moi un des moments les plus intenses de cette très belle soirée, avec aussi un changement de chef et d’orchestre, Marc Minkowski dirigeant le LSO cette année, pour tout dire, j’ai l’impression d’avoir vu une toute autre production que celle présentée il y a trois ans.


Et même si le plateau vocal exceptionnel de ce cru 2013 y est pour beaucoup, la mise en scène de Dmitri Tcherniakov m’a passionné à chaque instant, à commencer par le fait qu’il s’affranchit du livret à un point tel que, justement, tout semble parfaitement cohérent, là même où le metteur en scène russe introduit de la durée, donnant régulièrement des indications temporelles qui n’existent pas dans le livret. De même il redessine les liens entre les personnages, prend presque à chaque instant le contre pied de ce qui est dit, la scène des masques en étant emblématique, en ceci qu’ils n’en ont pas, de masque, de même que Leporello ne tient aucun catalogue entre ses mains, de même que la statue du commandeur n’est pas sur le plateau.


Dit comme cela, nos auditeurs pourraient penser que Tcherniakov propose une sorte d’antilecture simpliste, mais au contraire, il introduit une complexité très riche pour le spectateur, qui s’interroge sans cesse sur ce qu’il voit.
Et à voir les interprètes sur le plateau, aussi bons comédiens que chanteurs, on se dit que le metteur en scène a embarqué tout le monde dans son imaginaire, chaque caractère étant très précisément défini, et interprété.

Arnaud Laporte

 

 

Sans oublier, l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

 

Et l’invité spécial Bernard Foccroulle directeur du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence qui se déroule du 4 au 27 juillet.

Commentaires fermés

WP Login