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Intermittents : les directeurs de 3 grands festivals « favorables » à la concertation engagée par le gouvernement

Intermittents : les directeurs de 3 grands festivals « favorables » à la concertation engagée par le gouvernement

AFP le 22/06/2014 à 00:15

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Les directeurs des festivals d’Aix-en-Provence (art lyrique), d’Arles (photographie) et d’Avignon (théâtre) se sont déclaré samedi « favorables » à la concertation annoncée par le gouvernement sur le statut des intermittents, estimant qu’il ne fallait « pas rater l’occasion » offerte au secteur du spectacle.

« Jeudi dernier, le Premier ministre a fait une longue déclaration sur le sujet. Il est rarissime qu’un chef de gouvernement s’exprime devant la Nation de manière aussi engagée et aussi détaillée sur la place des arts et de la culture dans notre société », ont souligné samedi Bernard Foccroulle, François Hébel et Olivier Py dans un communiqué commun.

« Nous sommes convaincus que tous, artistes et techniciens, travailleurs et responsables culturels, ne devrions pas manquer l’occasion qui nous est offerte », estiment-ils.

« C’est une première victoire, et pas la moindre, de pouvoir enfin participer à la concertation sur les conditions d’une refonte et d’une stabilisation du régime des intermittents », ajoutent MM. Foccroulle, Hébel et Py.

Tous trois disent comprendre « les frustrations qui se sont accumulées au fil des mois et des années » et assurent rester « aux côtés des intermittents ».

Mais selon eux, « cette ouverture est la seule voie pour progresser, et améliorer le statut d’un secteur qui, au-delà de sa vocation vitale, peut aussi représenter un gisement d’emplois non négligeable et non délocalisable à l’avenir ».

Le Premier ministre Manuel Valls a écarté jeudi la principale revendication des intermittents, en confirmant que le gouvernement allait agréer la nouvelle convention d’assurance-chômage qu’ils contestent.

Mais il a fait un « geste d’apaisement » en annonçant que le différé dans le versement de leurs indemnisations chômage serait « neutralisé » par l’Etat.

Une nouvelle mission sera également chargée de remettre à plat le système de l’intermittence avec l’ensemble des acteurs concernés d’ici la fin de l’année.

Cette ouverture a été rejetée par la CGT-Spectacle qui a appelé vendredi à une « grève massive » pour l’ouverture du festival d’Avignon et reconduit son préavis pour l’ensemble de juillet, le mois des festivals.

Les salariés du festival d’Aix se prononceront eux par vote à bulletin secret le mercredi 25 juin sur la suite qu’ils souhaitent donner à leur mouvement.

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Crise des intermittents : le Festival d’Aix « en alerte »

Crise des intermittents : le Festival d'Aix Publié le :
05/06/2014 à 15h47Par J.Darras

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Les patrons des festivals prennent très au sérieux les menaces de perturbations brandies par les intermittents du spectacle, alors qu’en coulisse, les ministères s’activent pour trouver une issue à la crise ouverte par la réforme de leur régime d’indemnisation chômage.

La mobilisation des intermittents dure depuis plusieurs mois, mais la cote d’alerte a été atteinte avec la grève qui a entraîné l’annulation de plusieurs spectacles au Printemps des Comédiens à Montpellier, premier grand festival de l’été.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, a annoncé mercredi à l’Assemblée nationale qu’il prendrait avec la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, « des initiatives pour renouer le dialogue avec les intermittents ».

Au coeur du conflit, l’agrément, prévu dans la dernière semaine de juin, de la nouvelle convention chômage validée le 22 mars par trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) et le patronat, dont le Medef, et qui prévoit des économies sur le régime d’indemnisation des techniciens et des artistes du spectacle.

Les intermittents du spectacle ne représentent que 3,5% des bénéficiaires des allocations chômage et 3,4% des dépenses de l’Unedic. Mais ils sont traditionnellement plus mobilisés que les chômeurs et défendent leur régime spécifique, qui compense la précarité attachée aux métiers de la culture, en échange de cotisations deux fois plus élevées que dans le régime général. De son côté, le Medef est hostile à un statut qu’il juge trop favorable et trop coûteux et qui est à ses yeux une subvention déguisée à la culture.

La négociation, partie sur des bases très radicales – le Medef demandant la suppression du régime – a finalement maintenu le statut des intermittents, mais l’a durci.

Selon le ministre du Travail, la convention « sauvegarde le régime » et « elle est le résultat du dialogue social », puisque le texte a été signé par une majorité de partenaires sociaux.

Le Syndeac, qui regroupe les employeurs de la culture, déplore pour sa part que le gouvernement n’ait pas « fixé une feuille de route » et ait « laissé le champ libre au Medef ».

Le nouveau calcul du « différé d’indemnisation », qui impose un délai avant de toucher des allocations, nourrit la contestation. La mesure, qui doit générer 100 millions d’économies, va toucher 48% des intermittents contre 9% auparavant, selon le Syndeac.

« Des économies de bout de chandelle », s’insurge Paul Rondin, directeur délégué du festival d’Avignon, « inquiet au premier chef, non seulement pour le festival mais sur le fond, sur le statut des intermittents ».

 

- ‘Très en alerte’ -

 

La dernière grande crise des intermittents en 2003 avait entraîné l’annulation des festivals d’Avignon, d’Aix-en-Provence et des Francofolies de La Rochelle.

De quoi être « très en alerte », souligne Bernard Foccroulle, directeur du festival d’Aix-en-Provence, qui juge le statut des intermittents « fondamental ». « Il faut que l’opinion publique sache que si ce régime est mis en cause, c’est l’ensemble de l’économie du spectacle vivant qui va basculer », dit-il.

L’inquiétude est d’autant plus grande que la crise a fragilisé les économies locales: les retombées du Festival d’Avignon sont estimées à 25 millions d’euros pour la ville (commerces, hôtellerie, etc.).

« Le Medef ne prend pas suffisamment la mesure de l’impact de la culture dans le champ économique », déplore Bernard Foccroulle.

Les acteurs de la culture et les élus ont multiplié les signaux d’alarme au gouvernement ces derniers mois. 90 parlementaires et élus locaux ont adressé un courrier au ministre du Travail pour lui demander de ne pas signer la convention. Jeudi, une lettre ouverte au Premier ministre signée d’une soixantaine de directeurs de théâtres et de festivals a été publiée dans Libération. « Il y a un problème inquiétant de surdité », soupire-t-on au Syndeac.

Aurélie Filippetti et François Rebsamen vont tenter de désamorcer la crise en proposant une négociation aux intermittents le plus tôt possible, mais sans céder sur l’agrément de la convention chômage.

Le bras de fer risque de se poursuivre tout le mois de juin, et de déborder sur un mois de juillet crucial pour l’ensemble du spectacle vivant.

afp

 

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